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Biram Dah Abeid : quel avenir ? (Suite et fin)

Avec ses partisans qui font aussi des sacrifices, Biram se bat pour une Mauritanie meilleure. La gestion collective du parti à partir d’un programme est la condition sine qua none pour rester dans les règles démocratiques au sein d’une union politique. Son parti est le lieu de rencontre de militants sincères. De ce fait, la gestion rigoureuse soit-elle, doit aussi être inclusive.

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De la nécessité d’un aggiornamento pour une vision universaliste de la « chose politique ».

“En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal”, disait Machiavel. Le choix Biram Dah Abeid, quant à lui, ne saurait-être moins pire. N’eût été son activisme, il ne serait parvenu à cette notoriété. Son combat a été longtemps magnifié dans les esprits. Il continue de l’être. Cela n’est pas le fruit du hasard. Monsieur Biram a osé braver l’interdit. Il a heurté le mal. Il a osé nuire au terrible. Cette succession d’exploits lui a donné un piédestal dans ce que l’on peut qualifier d’arène politique.  

La création d’IRA- Mauritanie est en soi un exploit. L’organisation a posé les jalons d’un idéal assez laborieux.  Son entrée en politique est l’une des plus belles choses à saluer. Il faudra alors se dire que la politique a ses compromis et ses compromissions. 

En revanche, les compromissions raillent les années de lutte aux yeux de personnes à l’attente d’un lendemain meilleur. Ainsi certains, aussi frivoles soient-ils, se demandent, si le président Biram n’est pas passé de la « Voix du peuple » à « la poche du peuple ».

Je rappelle que le combat pour le renouveau en Mauritanie ne répond pas à une exigence pécuniaire mais à la ténacité face à l’adversité. Le député et président a su donner un nouvel élan à sa vie politique à chaque fois que les ténors d’un système mal en point lui mettaient les bâtons dans les roues : c’est un stratège.

Il est aussi capital de faire une mise à jour de la gestion au niveau des partis politiques. Quand il y a des différends à ce stade, on se demande qu’adviendra-t-il lorsqu’il s’agira de guider les destinées d’un pays : la Nation future à construire ? 

Le parti doit tendre vers une quête universelle. Il est important de dépasser les prénotions en politique pour s’affirmer par une vision pluraliste voire pluriverselle.  L’alternative politique est un marqueur important au sein d’un parti politique. [

Cela permettra de jauger le sérieux et l’effort démocratique, à savoir la nécessité de suivre un mandat, une feuille et le respect du calendrier au sein du parti, de deux, savoir qu’il ne s’agit pas d’un parti fantôme dans une atmosphère « d’acquiescement immorale », et de trois répondre à la révision microscopique de la politique ; c’est-à-dire au niveau des élu(e)s, personnages politiques et publics. 

Biram serait-il à l’aube d’une lutte jadis acharnée ?

« Biram restera toujours Biram ». C’est ainsi que le leader abolitionniste qualifia sa personnalité et son statut. En simple militant, on se rassure et s’arrête ou s’affaisse. En homme ou femme politique, avec l’intime conviction que l’on ne se laisse pas guider par les désidératas d’un homme politique, on se questionne. En intellectuel.le organique, dire pour un changement- de façon triviale-, on se couvre de raison et accorde le bénéfice du doute car, notre fonction est de rester perpétuellement un « persuadeur- permanent ». Pour parler comme Gramsci.

Le temps du politique ne doit-il pas être différencié du social ?

A mon humble avis, non. Tout est politique. Sa vie (celle de Biram) est politique. Jusque-là ce ne sont pas les critiques qui l’ont aidé à avancer. L’une des images qui restera dans les annales de l’histoire sera où le président des réseaux sortit de prison menotté tel un bandit de grand chemin. C’est pour une Mauritanie libre.  Changer de stratégies d’attaque ne change aucunement l’essence de la lutte. Dialoguer avec lesdits pouvoirs publics n’exclut aucunement la trajectoire politique ou l’objectif escompté. 

Les récentes tournées dans l’une des régions les plus attardées sur le plan éducatif, économique et politique qu’est le Guidimakha, avec toutes les tares féodales-esclavagistes qu’il combat, montre la confiance et l’espoir des personnes dites « d’extractions serviles » et vulnérables. Certains vont jusqu’à dire que Biram est un « homme providentiel ». Ce qui est sûr, sa présence dans l’environnement politico-juridique a boosté l’idéal mauritanien. La lutte continue. Ainsi, il est un pan essentiel de la lutte.

Demain, il fera jour. La machine pour la destruction des tares et de l’inaptocratie est en cours d’élaboration. Dès sa confection, il ne s’agira plus de se demander quel avenir pour un tel ou tel autre – surtout s’agissant de M. Abeid-, mais quel devenir pour le pays. Pour le moment, la question sera quelle relève après Biram Dah Abeid ?

Souleymane SIDIBÉ

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