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Relance post-Covid19, Mauritanie : Troisième partie

Relance post-Covid19, Mauritanie, Contribution d’un citoyen.

Troisième partie : Autosuffisance et sécurité Alimentaire (pour une grande révolution agricole…)

Au cours des dernières années, les pays du Sahel ont connu des sècheresses récurrentes qui ont entrainé de lourdes pertes dans le monde agropastorale et rural. En plus, notre forte dépendance de l’étranger de la plupart des produits agricoles de base nous expose à des pénuries récurrentes. 

L’État mauritanien n’a jamais tiré une leçon de ces fléaux qui se sont succédé. Les seules actions engagées ont consisté à faire de l’assistance alimentaire en faveur des populations démunies et une partie infime du cheptel (même si ces actions ont couté plusieurs dizaines de milliards). Or, avec ces moyens, il aurait été plus judicieux de créer des possibilités de production agricole en abondance, réduire la dépendance de la production à la pluie et réduire progressivement la facture de la commande alimentaire extérieure. 

Rappelons que le pays dispose de potentialités agricoles énormes qui restent jusqu’ici largement sous-exploités. A noter que ce potentiel ne se limite pas seulement aux terres de la vallée, les vastes champs de datte dans le nord du pays sont également source de développement agricole. 

Il convient donc de prendre des mesures adéquates en vue de renforcer la sécurité alimentaire : 1. Élaborer et mettre en place la stratégie nationale de développement agricole ayant comme principal objectif l’autosuffisance alimentaire en denrées de première nécessitéà l’horizon 2025. Il serait ainsi dans le cadre de cette stratégie de couvrir largement notre besoin en céréales, fruits, légumes, produit animal…2. Cartographier et/ou actualiser la carte nationale des terres arables et les bassins d’eaux exploitables. Un plan d’emménagement de nouvelles superficies peut être conçu pour permettre d’atteindre des niveaux de production beaucoup plussatisfaisants,3. Mettre à la disposition des producteurs traditionnels qui vivent de la culture vivrière des moyens adéquats pour le développement de leurs activités à travers une politique de professionnalisation et de formalisation, 4. Mettre en place un fonds spécial de 100 milliards d’ouguiyas (dix milliards MRU) au moins, dont une partie financée par le secteur privé national (voir point 6), destiné à offrir des possibilités d’accompagnement au profit des initiatives portées par des jeunes et des femmes tout en les encourageant à s’orienter vers la transformation des produits agricoles et du génie rural. Il sera donc question d’inciter et d’identifier des projets ambitieux, par lesquels il s’agira de soutenir entre 10 et 15 000 projets, qui seront choisis sur la base d’un certain nombre de critères parmi lesquels : l’obligation d’employer 5 à 10 personnes, et/ou être constitué sous forme de coopérative ou GIE de plus 10 personnes… ce qui permettra la création de plus de 100 000 emplois dans le cadre d’un programme triennal ou quinquennal. 5. Mettre en place dans chaque région un dispositif adapté à l’accompagnement des projets agricoles : centres de recherche, incubateurs, structures de financement, de suivi…6. Inciter les banques primaires à développer des produits répondant aux besoins des professionnels de l’agriculture. Cette mesure permettra aux initiatives privées de développer leurs propres idées de production ou de service dans le domaine agricole d’accéder à des financements pour concrétiser et développer leurs projets.

Dahaba D. DIAGANA

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