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Un baobab est tombé et thialgou a tremblé. Un colosse s’est affaissé et des larmes ont coulé.
C’est ainsi que j’introduis mon propos pour parler d’un homme d’une dimension hors du commun des mortels. Cet homme est le digne fils des terres de Beelel Ngaari j’ai nommé, pardon, l’honorable Oumar Amadou Lam. Un nom, une identité et une histoire. Il est de notre devoir d’accompagner dignement les meilleurs parmi nous, qui se sont évertués à être bon pour leurs semblables à travers leur sens du sacrifice, de don de soi et des valeurs supérieures dont ils sont porteurs, après qu’ils ont rejoint l’autre monde aux heure crépusculaires de leur vie. Et ces hommes se reconnaissent à travers leurs visions et démarches depuis leur jeune âge.
Je suis peut être assez jeune pour me souvenir de la jeunesse de Oumar Amadou Lam, cependant de certaines choses qui m’ont marqué durant mon enfance chez ce géant parmi les géants, je témoigne dans cet hommage qui lui est rendu pour l’homme qu’il fut à travers de ce que j’ai vu et appris chez lui. Grand homme que tout Beelel Ngaari pleure et des terres environnantes.
Dans le plus lointain de mes souvenirs, durant ma tendre enfance, je revois un jeune homme à la fleur de l’âge occupait l’espace de la jeunesse de Beelel Ngaari avec autant d’énergie, de prestance et par une belle présence. Je ne puis me rappeler de ceux qui l’ont précédé et inspiré pour la vie qu’il inspire mener. Ici je m’en tiens à ce que j’ai vu et observé chez Oumar Amadou Lam et non de ce qu’en disent les témoignages. Je le dis en parallèle de la phrase précédente où j’évoque ceux lá qui l’ont précédé dont j’ai entendu les récits mais dont je ne puis me rappeler de leur engagement durant leur jeunesse car soit j’etais pas encore né ou même si je suis né j’etais encore qu’un gamin.
Néanmoins, je puis dire que l’homme Oumar Amadou Lam, je m’en souviens bien, car il y a de ces hommes dont les traits, le caractère, et la vision d’aigle ne puis que nous marquer si nous sommes dotés d’une mémoire sensible au fait mémorable, aux actes louables chez les meilleurs parmi nous à travers leurs belles âmes. Et c’est ainsi que je me souviens de l’homme Oumar Amadou Llam dans sa belle jeunesse toujours habillé avec soin. Je puis dire à travers mes souvenirs d’enfant qu’il existait déjà à l’époque le style Oumar Amadou. L’homme s’habillait élégamment bien comme il en était coutume à l’époque. Une chemise, un pantalon. Bien braillé. Mais ce qui le distingue, c’est son allure à travers sa belle démarche, un corps déambulant et d’un joli touf de cheveux Afro. Et je le voyais souvent avec des feuilles, des cahiers et un stylo. Je ne puis savoir ce qu’il se passait à l’époque. Car j’étais qu’un enfant. Je savais que les cahiers, les feuilles, les papiers, les stylos, ce sont des affaires de l’école. Mais à la fréquence que je les voyais chez Oumar Amadou Lam et les heures où je le voyais porter dans ces mains ces choses avec le stylo accroché dans la poche de sa chemise étaient autre que l’école. De la rue où je le rencontrais, où je le voyais d’assez loin, reconnaissable parmi mille, par sa belle démarche avec un sourire généreux, il se dirigeait vers un rassemblement. Et dans ces rassemblements, dans ces assemblées je remarquais ses prises de parole qui prédisaient déjà l’homme qu’il se prédestinait à être, en étant l’homme qu’on pleure aujourd’hui. En ce sens d’incarner l’essence d’un homme bon, une personne bien qui aspirait à ce qu’il y a de plus humain chez l’homme : vivre pour servir, vivre pour être utile, vivre pour améliorer les conditions d’existence de l’homme en se battant tous les jours que Dieu fait pour accéder au sommet, pour se donner les moyens de ses nobles ambitions.
Oumar Amadou aspirait déjà à cette voie. Et de là commencent pour moi les souvenirs à partir desquels je puis dire lá dès cette époque se profilait l’être qu’il souhaitait ou aspirer d’être.
Pour dire que les ambitions, les visions se forgent depuis les belles années de la jeunesse en se donnant les moyens de ses fins. Ici l’ambition revêt un autre caractère que la cynique phrase de Nicolas Machiavel qui disait que la “fin justifie les moyens”. Ici les moyens de cette fin dans la trajectoire des hommes comme le digne fils de Beelel Ngaari ne sont autre que la vertu pour accéder au suprême Bien à travers des leçons de morale et d’éthique. Et ce sont ces leçons de grandeur qui ont forgé l’homme Oumar Amadou que nous pleurons aujourd’hui.
A partir de là est né un homme qui va consacrer toute sa vie au service de l’humain. Sachant qu’on ne puis être utile aux siens de manière prépondérante qu’en s’élevant sois même. Par le travail, il gravira les échelons pour être un cadre prospère et brillant. Je ne suis pas dans le secret des cieux, mais à travers les convictions que portait le digne fils de beelel Ngaari, je reste convaincu qu’il a gravi les échelons professionnellement pour être un cadre prospère que pour servir la cause. Une cause d’une noblesse rare et il n’y a que des hommes bénis et profondément humains qui peuvent aspirer a de telles aspirations. Ce sont ces types d’hommes dont l’ascension sert à l’humain. C’est ainsi que Oumar Amadou qui d’abord se forgea dans les humanités classiques au sein de son village THIALGOU THILEL BÊLEL NGÂRI par l’apprentissage associatif en apprenant auprès de ses aînés afin de réaliser ses ambitions qui ne sont autre que de venir en aide à son prochain.
Le phare de son engagement, de son dévouement, et de son sacrifice, c’est son village. Convaincu que l’épanouissement de chaque individu du village passe d’abord par le collectif par les intérêts communs du village, il va s’atteler à bâtir de grandes œuvres pour faire rayonner Beelel Ngaari. Et c’est ce qu’il a fait.
Si j’ai à classer Oumar amadou dans l’ordre de ceux là qui s’évertuent à élever l’humain par de belles œuvres, il est dans cette catégorie d’individu de ceux là qui trouvent du sens á “servir que de se servir”. Ce qui me renvoie à ces thèses dialectiques en philosophie dans l’ordre de la morale kantienne et de guyau. En cela que la morale est elle intéressée ou désintéressée ?
Kant pose comme exigence morale dans l’ordre de l’impératif catégorique. En cela que la morale doit être quelque chose de désintéressé. En agissant on ne devrait penser à un possible ou un certain retour de notre geste. Juste une simple satisfaction d’agir dans le sens du bien d’où sa célèbre maxim « agit toujours de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en règle universelle« . Mais Guyau récuse le désintéressement de la morale en cela que rien que la satisfaction qu’on ressent en ayant agit dans le sens du bien est déjà une action intéressée. Ainsi l’action de l’être humain s’inscrit dans ces différents aspects de la morale. Dans une vision perspectiviste Oumar amadouyenne (Un concept dont je fais vœux usage pour évoquer la vision et les actions de Oumar Amadou Lam) on voit ici la morale dans un ordre kantien du terme. Dans la mesure où Oumar Amadou s’impose la règle de l’impératif catégorique kantienne qui fait de la morale une action désintéressée vu qu’elle n’a comme finalité que de produire du bien. Faire du bien. Et agir dans le sens du bien. Et c’est si exigeant dans le sens du bien commun qu’elle n’a comme d’autre satisfaction que le but en lui-même. Même si on l’analyse dans le sens de Guiyau en ce sens d’une morale intéressée, elle puis t’être que dans un but absolu de faire du bien en ayant comme instrument la finalité de l’action morale pour une fin. Et cette fin pour des hommes de la lignée de Oumar Amadou serait toujours dans la finalité absolue du bien. Le bien commun.
Si on décrypte et on analyse la vie et l’œuvre de Oumar Amadou, on verra tout le sens du débat philosophique qu’on vient de poser ici. Oumar s’est effacé en tant qu’être dans son égo absolu pour exister en tant qu’individu dont l’agrégat n’a de sens que rattaché ou confondu aux œuvres humaines les plus élevées. A savoir servir plutôt que de se servir. Son combat pour la réussite, pour l’avoir n’était qu’instrument du but recherché. Acquérir un maximum de bien dans le but de servir une cause, une œuvre, une aumône soit pour bâtir un bien commun par exemple ses actions sociales: le téléthon pour aider et soutenir les démunis, sans compter son engagement personnel pour soulager les plus démunis, aider ceux qui sont dans le besoin. Dans le cadre social il n’hésitera jamais à mettre la main généreusement dans la poche et combien de fois il a à lui seul pris en charge soit la totalité d’un financement qui concerne le village ou du moins une bonne partie. Sur le plan économique pour des activités du village il agit significativement par des enveloppes conséquentes dans tout ce qui va dans le sens des entreprises qu’entreprend le village que ça soit des activités sportives (le football) culturelles (théâtres et nuits de festivités..).
Pour son engagement et sa volonté de servir dignement son village, il va grandir dans le centre des mouvements associatifs du village et y acquérir toutes les expériences nécessaires auprès de ses aînés avant de reprendre les rênes de l’association mère qu’il va diriger durant plus d’une décennie.
Déterminé et essentiellement tourné vers le social, l’association ne cessera de carburer fort avec des projets phares dans le but de développer le village.
Et c’est sans oublier son dévouement aux activités religieuses en les soutenant financièrement et humainement, en tant que fervent croyant et Fidel disciple du grand lettré et penseur musulman Cheikh Ibrahima Niass.
Oumar Amadou était un homme de foi et très convaincu de sa foi. Ce qui renforça et cimenta davantage son altruisme et sa générosité.
Son énergie, ses déplacements, ses actions, tournent toujours autour du social, autour des activités du village et des initiatives collectives et communes, en dehors de sa vie professionnelle.
Il était si attaché, si dévoué, si passionné de son village que quand il évoquait le village on avait l’impression qu’il n’existait autre village dans le monde que Thialgou. Dans cette forme de radicalité d’amour inconditionnel de son village m’amenait à me dire que le grand ne serait il pas le fou imbu de son village tel que le fou de kaish dans majnouun’al Leïla de kaish.
Il était si généreux, extrêmement généreux, profondément altruiste pour son village que je me disais souvent qu’il risque de faire des habitants du village des assistés, en cela qu’à force de couvrir certains financement à lui tout seul, le système de cotisation et de participation collective pour le village risque de s’amenuiser car il était prêt à lui tout seul à porter les initiatives du village.
Ce sont ces deux deux formes de paradoxe qui m’amenaient à m’interroger. C’est dire que l’homme aime tant Thialgou, et était si généreux envers Thialgou et au-delà que ça ne laissait personne indifférent.
Il existe une autre facette de lui que ne pas en parler reviendrait à occulter une part importante de sa personnalité et de son humanité. Cette part, c’est cette philosophie du “jokkere endam” (chèr á notre oncle Moktar Alhoussein Lam qui est un de ses mentors) qui peut se traduire par le lien de solidarité entre être humain qui devait caractériser chacun d’entre nous. Et ce lien du “jokere endam » il l’entretenait par le système de la parenté à plaisanterie. Qu’on appelle du “dendiraangu”. Et ce lien, je l’ai vécu agréablement avec lui. Malgré sa position d’homme aisé en tant que cadre prospère qui pouvait m’offrir des cadeaux les plus précieux, et pourtant en restant humble faisant jouer la carte du “dendiraangu” il me disait souvent: “Hey Baari j’attends toujours mon ordinateur et mon parfum”. Et je lui réponds sourire aux lèvres, ça ne saurait tarder mon grand. Ceci marque son attachement au lien du “endam” par le “dendiraangu”. Il le faisait juste pour qu’il ait quelque chose de son “dendi” pour sentir et rendre vivant les liens du “endam”. Les liens indéfectibles du sang. Il avait ce côté sympathique et taquin extrêmement touchant.
lui tout seul à porter les initiatives du village
Oumar Amadou “wirnii tan” mais jamais il ne disparaîtra. Sa vie honorable, ses œuvres immenses seront gravées sur le marbre et défieront le temps. Son nom, ses actions et ses œuvres seront contés par des générations et des générations des fils du village qui le chanteront et lui feront des louanges, tant il a fait, tant il a été généreux, tantôt il a été altruiste, autant de faits mémorables. A défaut d’un musée dans le village pour y graver sur des stèles les noms des plus dignes et illustres du village, Oumar Amadou Lam demeurera éternel dans le musée de nos cœurs éternels.
Nous ne sommes pas de la tradition a érigé des statuts pour honorer nos plus brillants hommes et illustres personnages pour des raisons religieuses et de la décence, cependant cherchons au moins à créer des espaces dédiés à la mémoire de nos plus illustres hommes dont leur vie a été consacré aux biens de l’humanité, au service de l’homme, au service de chacun d’entre nous. Et Oumar amadou lam l’a été.
Habitants et habitantes de Beel Ngaari nous perdons là un monument, un baobab, un colosse parmi les colosses. Pleurons, y a de quoi pleurer, mais au delà de tout estimons ‘nous heureux d’avoir vécu auprès d’un ange, parmi nous, un mécène, un généreux et pieux homme.
Rendons grâce à notre Seigneur fils de Bêlel Ngâri en nous attribuant un tel digne fils.
Remercions le Seigneur pour ce bien fait car à travers Oumar Amadou Lam le SEIGNEUR nous a fait bénéficier de son Immense Pouvoir car il n’y a que LUI qui peut élever un homme de la sorte sur la voie de la dignité, sur la voie de l’humanité et sur la voie de l’amour pour son prochain.
Quand j’ai appris son décès, soudainement je sentais plus mon corps. Mes pieds ne pouvant plus rester debout, je me suis immédiatement assis, comme si j’essayais d’implorer le SEIGNEUR que cette nouvelle ne soit pas vraie. Qu’il s’agit d’une erreur. Et je me disais que bientôt quelqu’un me dira que ce n’ était pas vrai. Il s’agit d’une erreur. Mais il m’a fallu quelques minutes pour me rendre à l’évidence que c’était fini. Oumar Amadou Lam n’est plus. Et comme une vitesse de l’éclaire mon esprit fut un détour dans le passé, dans la vie de cet incroyable et honorable fils de Beelel Ngaari et de fil en aiguille je reconstitue sa vie tel que je le relate dans ce texte qui est une sorte de testament d’hommage pour la vie qu’il a mené, même si je suis loin d’en rédiger ne serait ce qu’une goutte d’eau dans la mère, car son oeuvre est immense MashaAllah et de beaux témoignages ONLY GOD NOW il y en a eu.
J’essaie à ma manière de relater sa vie, d’analyser la philosophie de ses visions à travers ses belles œuvres qui sont nombreuses, et la manière dont il a mené sa vie tel un serviteur de son Créateur, tel un artiste au service de la beauté et du Bien Suprême.
Ainsi en repensant à sa vie, à ses actions, de fil en aiguille la tête baissée au milieu des gens, plongé dans mes pensées endeuillées, avec une douleur indescriptible je le revois depuis sa jeunesse, sa belle et brillante jeunesse. De ses débuts d’engagement à travers le collectif et l’associatif jusqu’à nos deux dernières rencontres qui résument parfaitement tout ce long épilogue de sa vie que je veux partager au monde entier à travers ce papier..
L’avant dernière fois que j’ai vu Oumar Amadou c’était au cimetière suite au décès d’un proche. En sortant des cimetières, passant à côté de moi, on se salua. Il me serra la main et me dit: « Baari, pour le projet du terrain de basketball, on se coordonne et je ferai le nécessaire pour qu’il y ait la dalle. » Par ces propos j’en déduis tout simplement qu’il comptait sortir volontairement pour une grosse partie du financement du projet ou même du projet en entier comme dans ses habitudes. Car l’homme est très coutumier de ces faits.
Et la dernière fois qu’on s’est vu c’était également lors du décès d’un autre illustre et digne fils du village Sireye Oumar Sy dit Gringo. Il sortait de la maison du défunt en venant voir l’oncle qui nous transportait à sarandogou dans sa voiture. Et il était accompagné d’un de ses pères qui était souffrant. Il demanda à l’oncle d’amener ce monsieur qui est un de ces papas au lieu de ses soins. Et au retour que ce dernier vient reprendre son papa et le ramener à la maison.
Ces deux dernières rencontres résument parfaitement la vie de Oumar Amadou Lam. Servir et non se servir. Être utile aux autres et participer significativement au développement et à l’épanouissement de son village.
Voilà ce pourquoi Oumar Amadou s’est battu toute sa vie et a été un fer de lance pour l’ensemble des activités de son village Beelel Ngaari.
Repose en paix le Baobab de Beelel Ngaari. Le colosse parmi les colosses. Je ferai une aumône pour le parfum et l’ordinateur que tu me demandais dans le sens du “dendiraangu”. Et nous ne cesserons de t’envoyer des prières digne fils de Beelel Ngaari. A DIEU LE PLIÉ DE BEELEL NGAARI.
A jamais dans nos coeurs…
Ton neveu Baari Dia
Voilà ce pourquoi Oumar amadou s’est battu pour toute sa vie et a été un fer de lance pour l’ensemble de ses œuvres
Voilà ce pourquoi Oumar amadou s’est battu pour toute sa vie et a été un fer de lance pour l’ensemble de ses œuvres
Si j’ai à classer Oumar amadou dans l’ordre de ceux là qui s’évertue à élever l’humain par de belle
