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QU’APPELLE-T-ON ”NÈGRE DE SERVICE” ?

14017846_1259143444104748_1174830019_nAttention sachons séparer le bon grain de l’ivraie…N’est pas nègre de service  celui qui sert la nation mais celui qui dessert  sa communauté…

Je m’exprime peu sur la Mauritanie, car ce dont ce pays a besoin de nos jours ce sont des actes concrets en convertissant les idées en acte. Les articles, les discours fleuves, abondent de partout, à tel enseigne que ces moyens de communications et de dénonciation sont devenus une chaîne répétitive d’idées qui s’achemine au point de l’eternel retour. Un intello produit un article, les lecteurs lisent, commentent, applaudissent y débâtent, et le lendemain un autre intello publie un autre articule, on en débatte, discute…. Chaque jour que  Dieu fait des articles prolifèrent sur la toile reproduisant les mêmes thèmes, les  mêmes idées, soulevant les mêmes problématiques,  et les lecteurs revenant sur les mêmes débats, discussions, commentaires etc.

A chaque nouveau article mis sur la toile, on a l’impression que l’intellectuel dit quelque chose de nouveau, qui n’a jamais était dite. Et quand on lu les commentaires, on a l’impression que nous vivons des situations inédites qui se produisent dans un pays ou les situations vécues sont un fait nouveau, que le pays n’a jamais connu. Le peuple mauritanien nécessite une cure psychanalytique pour analyser l’inconscient collectif qui souffre du syndrome de la multiplication  d’un même fait problématique et qui  s’apparente à de nouveaux faits d’une autre nature, or qu’en réalité c’est le même fait qui se reproduit. Je ne vais pas entrer dans la généalogie des causes de ce comportement révélateur de phobies dont la genèse est enfouie dans les réalités profondes de l’animal politique.

Ce dont j’ai envie d’exprimé ou de partager avec mes concitoyens mauritaniens, c’est la nécessité d’apporté des analyses sur un certains nombres de  réalités qui prêtent à confusion faisant l’objet d’amalgame. Si les articles doivent servir à quelque chose c’est dans leur propension à analyser, à apporter des lumières sur les confusions et amalgames qui obscurcissent certaines réalités. Les articles allant dans le sens de dénoncer le système ou à critiquer le gouvernement sont devenus des discours redondants qui n’empêchent pas la caravane de passer quand le chien aboie. Cependant ces articles ont eu le mérite de mettre au grand jour sous le soleil brûlant du vécu des citoyens mauritaniens. Maintenant il s’agit d’incarner les idées chez l’être providentiel capable de soulever les montagnes pour se confronter aux monstres qu’enfanta le système de Taya. Birame o abeid à lui seul essaie d’incarné cette réalité mais il manque d’être soutenu et suivi. Nous devons être prêts à tout pour nos libertés et dignités.

Nos libertés et dignités : tien venons en… ! Car nous avons à déconstruire ici les garde-fous des monstres du système qui tue tout mouvement et toute  prise de conscience de notre peuple et ces briseurs de conscience parasite de leur communauté se trouve être des enfants même de notre communauté brutalisée et martyrisée par un système raciste et ségrégationniste. Ainsi nome-t-on ces enfants de la honte : « Nègre de service ». Mais avant d’entré dans le vif du sujet il va falloir faire très attention à ce terme « Nègre de service ». Consterné et choqué de la manière dont ce terme est manipulé à tout va, en insultant des cadres et autre fils de la nation qui n’ont rien de spécifiquement identifiable comme « Nègre de service », j’essaie de par ma modeste contribution de dessouiller le terme « Nègre de service » des préjugés et stéréotypes qui l’obscurcissent. Ainsi qui est le nègre de service ?

Est-ce que tout cadre et intellectuel noir qui travaille dans le gouvernement mauritanien est un nègre de service ? Ou bien ne pourrait-on pas regarder aux dessus de la réalité politique pour voir s’il n’existe pas une autre manière de mener la lutte politique loin des verdicts de la rue ou des révoltes creuses comme celle qu’on observe dans certains de nos mouvements. A l’état actuel des choses un seul mouvement (IRA) mène un combat sincère sans arbitrage et des luttes d’ego et égoïste, même si ce mouvement traine avec lui quelques lacunes au niveau de sa stratégie de lutte et  manque de visibilité globale et globalisante. Cependant son dirigeant M. Biram à travers les multiples expériences vécues, s’est beaucoup amélioré en essayant d’aller plus loin et de voire plus loin au de la cause haratine. Néanmoins nul n’a le droit de l’accuser d’être obnubilé par la cause des haratines car c’est une communauté qui souffre de plusieurs maux allant de l’esclavage aux mépris de la société mauritanienne.

Certains événements vécus m’ont beaucoup ouvert les yeux ! C’est facile de traiter tout le monde de nègre de service sans être au cœur de l’enfer. Aux interrogations que je me suis posé précédemment à savoir qui appelle-t-on nègre de service ? Je répondrai ceci : ce n’est pas tout intellectuel et cadre mauritanien noir qu’on peut traiter de nègre de service. Je vais m’appuyer sur un argumentaire à partir d’un raisonnement qui découle de la constatation des faits. D’abord définissons le terme  « nègre de service », dont Moussa Ndiaye en est le prototype typique sortit dans l’une des laboratoires les plus performantes en fabrication de nègre de service. Nous reviendrons sur le cas de ce faux journaliste plus loin.  Pour ne pas donner une définition abstraite du terme « nègre de service », je pars de l’observation direct des mauritaniens du comportement de ces commis de l’Etat qui s’embourgeoisent et s’engraissent en étouffant le malheur de leur communauté par l’instrument politique « tel l’engraissement de Moussa Ndiaye dont l’aspect physique reflète la gabegie qui gangrène le pays ».

Le nègre de service est à l’image du « Nigga » House que dépeint MalcolmX dans son livre « LE POUVOIR NOIR ». Le « Nigga Hous » c’est ce nègre au temps de la traite négrière qui considérait son maitre comme un Dieu qui a pouvoir de vie et de mort sur lui. Il se subordonnait au maitre comme si le maitre est son propre créateur. Quand le maitre est malade, il ne dit pas maitre tu es malade, il dit maitre nous sommes malade. Il est prêt à sacrifier sa vie pour son maitre, et en contre parti il est bien traité par le maitre en le nourrissant bien et l’habillait comme lui. Sauf que le « Nigga Hous » est un aliéné mental tant disque « le nègre de service », lui, agit volontairement en jurant allégeance au bourreau de sa communauté. Le nègre de service c’est ce type qui ferme ses yeux, fait taire sa conscience,  endurcit son cœur, et bouche ses oreilles pour ne pas entendre les cris plaintifs de son  peuple sous l’étouffement du système. Il préférera la sécurité matérielle qu’à la préservation de sa dignité et de son honneur et de la survie de son peuple.

Le terme nègre se rattache à une communauté, sauf qu’ici le terme  est employé dans le sens de la servitude, de la subordination du noir à son propre bourreau, celui qui asservit sa communauté. Cette réalité du nègre a pris racine au temps de la traite négrière. Cependant   en réalité le terme nègre ne renvoyait pas à son origine, mais à son état  grégaire et animalier tel qu’il est employé de nos jours. Le terme désignait les noirs d’Ethiopie qui était un grand peuple de noirs qui battirent de très grandes civilisations « la Nubie ». D’ailleurs le roi auprès  de qui le prophète de l’islam Mouhammad (PSL) envoya ses compagnons pour se réfugier contre la persécution de ses propres frères se nommait «Neggus ». Malheureusement ce n’est pas le sujet qui nous intéresse ici, mais ça peut faire l’objet d’un article pour résoudre la confusion entre le nègre d’origine et le nègre qui est le produit de la traite négrière. Le mouvement de la négritude s’est appuyé de la puissance et de l’énergie qui émanait de ce nom sacré « Nègre » « Nigga » « Neggus », pour replacer l’identité de l’homme noir dans la société humaine, dont les pères fondateurs furent Aimé Césaire, Leon G. Damas, Léopold. S. Senghor.

Partant de l’aspect péjoratif du terme nègre, ces derniers qu’on appelle en Mauritanie « Nègre de service », à la lumière de la définition qu’on avait commencé à dérouler précédemment est celui-là qui trahit sa communauté et qui courbe l’échine pour être au côté du bourreau qui persécute son peuple. Dans le cas pratique de notre définition, qui va-t-on appelé nègre de service, en ce sens qui sont-ils en vérité ?

Tout homme de la communauté noire qui durant les années braises  faisant partie de l’armé ou qui occupait un poste de prédilection durant le régime dictatorial de Taya, qui ferma ses yeux, et mieux qui  participa à l’arrestation de ses propres frères d’arme appartenant à la même communauté, est un nègre de service. Car durant ces événements nul n’avait le droit de fermer les yeux sur les atrocités qui étaient commises à l’endroit de la communauté negro-mauritanienne. Tous les noirs qui faisaient partis du gouvernement à l’époque, qui ont collaboré avec le régime de Taya, sont des nègres de service. Ces derniers à coup sûr constituaient des agents secrets qui aidèrent  le pouvoir en place à dénicher des officiers noirs pour les écrouer et les jeter en prisons. Ce sont ces mêmes nègres qui après la tétanisation du peuple noir en assassinant les braves soldats fils de la nation, issu de la communauté noire, leur propre communauté, profiteront de la misère et de la peur du peuple pour régner en maitre dans le fuuta. Devenu puissant par leur argent mafieux, ils vont acheter la conscience de  nos parents dans les villages en s’érigeant comme des maîtres bienfaiteurs. Ils deviendront au fil  des années des criminels philanthropes qui se pavanent dans la capitale Nouakchott et dans nos villages en arrosant de l’argent dans les villages du fuuta ou des ou des milliers d’individus croupissent dans la misère. Ils finiront par endormir la conscience de la communauté noire dont beaucoup vont  les suivre comme des moutons de Panurge.

Tous ceux qui osent se révolter en rappelant la mémoire de nos parents lâchement assassiné dans les camps de Oualata et de Zreida seront traités de mécontent, s’ils échappent à l’épée de Damoclès de Taya qui n’hésitait pas à les juger et à les mettre en prison. Cependant ils oublient que l’histoire n’oubli jamais la mémoire des héros. On a beau étouffé le mal, les crimes commis, mais un jour la vérité finira par triomphée. Dites-moi qui peut empêcher le soleil de se lever ? « NO BODY ». Tôt ou tard ils payeront cher. La mémoire de ces braves hommes lâchement assassinés,  les hantera d’ici-bas et dans l’au-delà.

A présent, après avoir fait l’historique du mot « Négre » et définit « le negre de service », l’amalgame n’est plus permise. On sait de qui il s’agit, qui sont en vérité les nègres de service. Et si toi qui me lie,  tu veux des compléments en t’appuyant de cette analyse sur les nègres de service va écouter le son militant de Yero Ngaynako intitulé « Anti-negre de service », tu verras qui sont les monstres de notre communauté : « Sopez les, sopez, sopez les » dira le comédien Big Baaba A.K.A Hamed lemine.

Maintenant revenons aux amalgames. Ce n’est pas tout homme qui travaille avec le gouvernement de la Mauritanie qu’on appelle nègre de service, sauf si ces personnes ferment leurs yeux sur les discriminations dont nous subissons  ou tentent de les nier. Ces hommes existent en datent l’événement qui a secoué la communauté par le monsieur commis de l’Etat du nom de Moussa Ndiaye. Journaliste véreux incompétent et vendu. Comme je le dis et répète souvent « Rien de ce que l’homme fait sur cette terre ne m’est étranger », car ce dernier est capable du pire comme le meilleur. Le genre d’espèce humain de Moussa Ndiaye ne m’étonne pas, car de tout temps des types comme lui, qui n’ont aucune dignité, aucun honneur ont existé, et sont prêts à vendre pères et mères,  pour leur objectif vergogne dénué de tout sens humain, agissant par instinct de gourmandise pour leur propre ventre. Ce qui est triste dans tout ça, c’est  que cet énergumène tel que l’a nommé Dicko Hanoune ne pense pas plus loin au bout de son nez car il est banni à jamais dans la communauté et ne sera cité dans l’histoire de la communauté que comme un sal traitre. Un rejeton de la trahison. Moussa Ndiaye n’est qu’un triste épisode de notre douloureuse existence en Mauritanie, et je tourne la page.

Travailler pour son pays, rendre service à la nation par son savoir et ses compétences, est un acte noble et louable. Nous, tous,  rêvons de travailler pour notre pays pour sa batisse au rang de grandes nations. Donc de grâce arrêtons d’insulter à tout va, tous ces braves hommes qui travaillent dans le gouvernement et qui sont la pour servir  la nation par leur savoir-faire et compétence. Et ce sont des hommes qui ont une philosophie de mener la lutte autrement. C’est-à-dire faire profile bas en travaillant dans le gouvernement tout en ayant l’idée en tête d’aidé ceux qui sont discriminés et mis de coté.  Les aider à s’intégrer et à trouver leur place dans leur pays. On voit beaucoup parmi eux au sein du gouvernement  et ils se battent jour et nuit contre certaines discriminations qui se font à l’encontre de leur communauté. En général ce sont des hommes qui subissent souvent l’arbitrage de l’Etat en les faisant quitter leur poste pour les amener ailleurs, ou qui se font enlever du poste clef dans lequel ils étaient pour être remplacé par d’autres dirigeants qui sont médiocres et incompétents. Ainsi nous avons plusieurs exemples de ces hommes de la communauté qui de manière discret  aident leur frères et sœurs au sein du gouvernement, même si ils se comptent au bout des doigts.

Oui certains radicaux me retoqueront de tenir un double discours, car l’Etat mauritanien est battu sur du mensonge, et que rien de tous les gouvernements « beydane » qui se sont succédés dans le pays n’ont essayé de faire en ce qui va à notre faveur. La volonté d’arabiser le pays en est une belle illustration. En ce sens pour les radicaux il ne devrait exister que des mouvements de lutte pour déconstruire l’Etat mensonger qui durant des années de règne n’a qu’une hantise : celle de  dénégrifier le pays. Je ne sais pas si je suis un radical, mais j’ai du mal à me reconnaitre dans aucun des symboles du pays, bâtis sur une idéologie qui nie ma couleur de peau. Les doués d’intelligence comprendront ce que je veux dire. En date le nom du pays, le nom de l’équipe du pays, l’hymne nationale du pays. Me rétorqueront certains « qu’évoquer ces choses, c’est éveiller des tensions. Oui si tu es ignoré, te taire dans l’objectif de faire régner la paix, reviendrait à abdiquer, à accepter d’être un citoyen de seconde zone.

Nous aimons tous la paix, mais la liberté et la dignité ont un prix. Et c’est la que je réponds aux radicaux qui m’accuseront d’avoir un double discours, en les disant que notre peuple n’est pas prêt à consentir des sacrifices pour lutter de manière définitive contre le système monstrueux qui a naquis dans les crocs de Taya par des idéologies racistes qui ont un seul rêve nationaliste se tourner   vers le monde arabe, en ignorant l’autre frange de la population noire. En ce sens je comprends ces cadres qui s’intègrent dans le gouvernement dans l’objectif de combattre l’injustice et les inégalités que nous subissons, de l’intérieur.

A la lu lumière de cette analyse, je conclu qu’il existe des nègres de servies et ils sont connus de tous, mais  ce n’est pas tout individu nègre qui travaille dans le gouvernement qu’on colle l’étiquette de Nègre de service. A partir des critères « de nègre de service » qu’on a tenté de mettre en place on saura transcender les préjugés pour faire la distinction entre un nègre de service et un cadre qui n’a ni vendu sa communauté ni prostitué sa dignité et son honneur pour la sécurité matérielle.

Ainsi je fini par ces quelques phrases de F. Nietzsche pour faire trembler le monstre ségrégationniste, comme message d’avertissement d’une jeunesse qui a compris la nature du système battu dans le mensonge, entaché du sang des innocents. Dans ainsi parlait Zarathoustra Nietzsche dira « l’Etat est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche: “Moi, l’État, je suis le Peuple.” (…) Ce sont des destructeurs, ceux qui placent des pièges pour le grand nombre et qui appellent cela un État : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits. L’État ou l’immoralité organisée – à l’intérieur sous forme de police, de droit pénal, de caste, de commerce, de famille; à l’extérieur comme volonté de puissance, de guerre, de conquête……. ».  Nietzsche parle ici de l’essence de L’Etat, que cela soit vrai ou pas, la réalité que décrivent ces citations se voit dans tous les Etats ségrégationniste et raciste…….Alors soit on se lève pour nos libertés et dignités ou soit l’Etat discriminatoire nous broie sous ses bottes de militaire !

                  Dia Abdoulaye  

Etudiant chercheur en Anthropologie et en Epistémologie Heuristique

dia.abdoulayeoumar@gmail.com

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