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L’armée mauritanienne responsable d’un assassinat à Daban (Mbagne)

Abass Diallo (35 ans), charretier et père de 6 enfants, a été abattu à bout portant par un militaire mauritanien, ce jeudi 28.05 dans localité de Deban (Mbagne).

Le récit d’une bavure militaire

Selon Mr Hassane Seck, le maire de la commune relayé dans la presse, Abass Diallo a été tué par un militaire mauritanien vers 22 heures alors qu’il déposait de la marchandise, appartenant à un commerçant sur un point de passage transfortalier au niveau du fleuve Sénégal.

Surpris par une patrouille militaire après l’heure de couvre-feu, le commerçant, propriétaire de la marchandise, s’est enfui avant d’être rattrapé, tandis que le charretier voulant se rendre aux militaires recevra une balle à bout portant dans sa poitrine.

Le procureur de la république, les autorités sécuritaires et administratives ont assisté à l’enterrement de la victime.

Les notables de la localité ont appelé à ce qu’une enquête indépendante et transparente soit diligentée pour élucider les circonstances de la mort de leur fils.

Le trafic illégal : duplicité de l’armée et négligence du Ministère de l’intérieur

Le maire, Mr Seck, avait prévenu le Ministère de l’Intérieur sur les agissements des autorités sécuritaires, et notamment de la duplicité et du laxisme de l’armée mauritanienne dans la gestion des trafics tout au long du fleuve Sénégal.

Dans un entretien avec un responsable du Ministère, il avait dénoncé la transformation de sa commune en planque tournante par les éléments des forces de sécurité.

Après l’épisode des jeunes de Winding qui s’était opposés à la traversée illégale des marchandises par des commerçants, il avait mis en garde les autorités sur des risques graves qui guettent la population. Selon lui, une fois le couvre-feu installé, les militaires autorisent et taxent le passage de marchandises via des pirogues venant de la rive sénégalaise.

Selon lui, cet événement tragique était prévisible, eu égard à la légèreté avec laquelle le ministère de l’Interieur avait pris sa demande d’une commission d’enquête.

AMDH : « ni acte isolé, ni erreur. »

Dans un communiqué rendu public, Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH), que préside maître Fatimata Mbaye, a déclaré qu’il « est exclu de parler d’actes isolés ou d’erreur » . Selon le communiqué, « le déploiement de l’armée rappelle les périodes d’exceptions du régime militaire répressif. Il faudra qu’une enquête indépendante soit conduite pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles les armes ont été utilisées contre des citoyens. » Enfin, l’AMDH indique que « les responsables des actes délictuels et criminels doivent être punis, y compris les forces de l’ordre, dans le respect des droits fondamentaux. »

La rédaction

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