Edito de RMI : Aziz et ses dauphins

Le cousin de Mohamed Ould Abdel Aziz, Ely Ould Jeireib s’est arrogé le droit de tirer sur un hartani « pour une pomme ». Et comme sa victime est un hartani, simple employé de rayon dans une épicerie de quartier, il a suffit aux proches du criminel de mettre la main à la poche pour que la prison lui soit épargnée. Maintenant connu de tous, le coupable va retrouver sa famille en héros. Quant à sa victime, elle portera à jamais les stigmates de son forfait. Pendant ce temps-là, le procureur de la république peut dormir tranquille : voilà qu’un dossier sensible est résolu nuitamment par des conciliabules dans les couloirs d’un commissariat. Encore une preuve que l’argent blanchit les criminels en Mauritanie… mais pas n’importe lesquels !

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Si l’on compte parmi les rejetons du président, l’on peut impunément pointer son arme, tirer à bout portant sur la poitrine d’une jeune fille et la rendre handicapée à vie. Là encore, on esquive les tribunaux, c’est à coup de billets (35 millions) qu’on rachète le sang sacré. Elle serait morte, le procédé resterait le même. Et l’on peut également se lancer dans n’importe quel trafic sans être inquiété. Puis s’extirper sans crainte aucune en cas de descente des autorités, puisqu’on ne dort pas n’importe où, on réside au palais présidentiel. Alors que ton père interdit la double nationalité aux citoyens, ta mère te décroche une carte d’identité marocaine… Lorsqu’un jour, sur la terre paternelle, tes délits te rattraperont, celui de ta mère t’ouvrira les frontières. Tu seras sous la protection du roi.

 

Etre fils du Président de la République confère naturellement le passe-droit de siéger dans un conseil administratif et de régner en maître, comme son père sur tout le pays. Etre femme du président permet de s’improviser agent immobilier dans le XVIème arrondissement de Paris. Ou encore de devenir une ambitieuse bijoutière et de concurrencer les richissimes commerçants des pays du Golf. Etre de sa tribu mène à la richesse, même si on était un vil « samsar » gagnant un misérable salaire au port de l’Amitié. Etre son gendre offre le privilège de se servir gracieusement aux vannes étatiques… L’argent de l’Etat coule à flots pour toi… Si tu le souhaites même, on te brade tous les terrains publics afin que tu y installes tes enseignes commerciales. Ne l’oubliez pas, être un proche du président suffit à devenir fortuné en un temps record. En cinq ans seulement, on surpasse toutes les fortunes nationales connues. Et tout cela parce que le président de la république a confondu le chéquier de l’Etat avec le sien. Et à ce jeu-là, il y a fort à parier que le Rais ait épuisé les caisses nationales.

 

Et pour qui envisage une carrière de consultant international après sa retraite, connaître et soutenir Mohamed Ould Abdel Aziz permet de marchander la libération des barons de la drogue, occidentaux influents aux réseaux convoités. Les trafiquants libérés à Nouakchott promettent sans doute un bon carnet d’adresses européen. Ils ouvrent les portes du monde des cols-blancs parisiens, londoniens et new yorkais.

 

Travailler sous les ordres de l’ancien putschiste demande de mutiler son esprit critique. Les lois doivent être appliquées, seulement si lui le souhaite. S’il dit « niet » en conseil des ministres, aucune décision n’est autorisée. Quand il l’ordonne, on emprisonne. Du brigadier aux directeurs des centres pénitenciers en passant par les juges, tout le monde doit s’activer. Ceux qui veulent créer un parti politique doivent s’affilier à l’UPR ou devenir des parias de la classe politique. S’ils haussent la voix, c’est d’abord la vendetta des médias, puis des accusations et, si cela ne suffit pas, la matraque et la prison attendent les récalcitrants. Tout noir mauritanien doit rester sous la botte de ceux qui détiennent tous les pouvoirs et s’il n’est pas content, il n’a qu’à aller chercher ailleurs. Voilà le discours tenu par les soutiens du Président, de son parti, de ses officiers… Vous citoyens ordinaires, cédez le passage : que vous ne soyez pas bêtement écrasés par Mohamed Ould Abdel Aziz et ses dauphins, ils sont arrogants. S’ils ne dilapident pas vos biens, ils s’attaquent à vos enfants.

 

                                                                                                                                                    Bâ Sileye                                                                                                                                             Sileye87gmail.com