L'Édito

U​n pavé dans la mare de la diaspora mauritanienne en France

La diaspora mauritanienne est-elle à l’image de toutes les diasporas africaines? En tout cas, pour les initiateurs de l’instance en création, le Conseil Représentatif des Mauritaniens en France (CRMF), notre diaspora a d’énormes défis à relever. D’abord, disposer d’une institution officiellement reconnue qui portera les doléances de tous les m​auritaniens  dans l’hexagone.

Pour eux, c’est réaliser enfin l’union tant souhaitée, à laquelle on a​ tant aspiré.  Au lieu d’agir en rangs dispersés, le CRMF permettra d’unir les forces vives avant-gardistes et les acteurs sociaux-économiques dans une seule instance structurée seule habilitée à parler au nom de la diaspora. Donc interlocutrice entre la diaspora et l’ambassade ou encore avec une quelconque autorité française désireuse d’échanger avec les M​auritaniens. Un vœu pieux,  clameront certains !  Mais tout de même réalisable.  N’étant qu’au stade de la gestation, d’​ore​s et déjà, des voix s’élèvent pour se demander comment y parvenir quand on observe l’irruption d’une guerre larvée entre les ” anciens” et les “nouveaux militants”. Entre les « irréductibles » combattants et les « imposteurs » à la solde de l’ambassade?

Ainsi que  nous ont habitué les ​mauritaniens, le divorce a été établi avant même que l’union ne soit scellée. Les deux parties campent sur leurs positions et les rapports de force se​ durcissent.

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Au delà des accusations RMI-Info.com a voulu en savoir plus.  Nous avons été reçus par M. ​L’Ambassadeur Wane Abdoulaye Idrisse qui a non seulement réitéré sa mise au point, mais s’est aussi plaint d’un «  manque d’organisation ». Depuis son installation, il aurait reçu près​ de 82 associations mauritaniennes, dont certaines sont dirigées par des responsables associatifs  « sans aucun projet et sans aucune vision ».
Son souhait serait-il d’organiser ce tumulte associatif par le biais d’une organisation qu’il pourra gérer ?​ O​n ne peut rien confirmer à ce stade.

En revanche, les réticences des activistes sont tout de même légitimes,​ quand on sait que sa nomination à ce poste diplomatique à la place de Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil est considérée comme un cadeau empoisonné de la part de Mohamed Ould Abdel Aziz. Nul ne doute que c’est pour amadouer les noirs en installant leur frère et lui donner des instructions d’alléger ‘’un peu’’ l’enrôlement pour  l’obtention des papiers d’états civils (puisque les conditions de l’enrôlement et de  la ​demande de passeport sont toujours draconiennes). Puis lui confier de manière ​informelle​ la mission de casser la dynamique de lutte de la diaspora négro-mauritanienne toujours solidaire des combats nationaux. Pour tous ceux qui côtoient véritablement ​ l’Ambassade,​  le constat est là : l​es citoyens rencontrent toujours des problèmes d’enrôlement,​ sauf qu’on ne retrouve plus la même détermination de la part du collectif de la diaspora qui menait leur sit-in hebdomadaire. Depuis la rencontre  des représentants des activistes et le Président Mohamed Ould Abdel Aziz,  puis tout dernièrement, avec  directeur général de l’office national de l’état civil M’Rabbih Ould Wali, leurs actions se sont estompées. Signalons au passage que grâce à eux quelques améliorations ont pu être enregistrées. La preuve que la lutte paie, mais faut-il l’arrêter après un petit gain de cause ?

Enfin précisons que le CRMF ne peut voir jour sans la participation de tous les acteurs reconnus. Maintenant que la tempête des accusations est passée, il convient de se retrouver autour de la même table afin de discuter des voies et moyens pour aider les Mauritaniens. Il semble que la médiation soit entamée entre une ancienne instance et celle qui est en gestation. Tant mieux. Les problèmes de la diaspora sont nombreux et ne demandent qu’à être résolus.

La question de la double nationalité crée des blocages et entrave systématiquement les affaires de certains individus investis dans le commerce. Cela provoque par conséquent un réel manque à gagner en rentes économiques et en opportunités d’investissements. Sans oublier allègement des conditions d’enrôlement puisque ces dernières portent préjudice même aux défunts  lors des procédures de rapatriement au pays. Ce qui est honteux, indigne et inhumain pour un pays qui se vante d’être 100% musulman. Viendront par la suite les questions d’ordre purement économique et relatives aux ​intérêts particuliers,​ telles que la renégociation avec les autorités pour l’allègement  des charges liées au dédouanement de marchandises importées vers la Mauritanie.

​@Bâ Sileye

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