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Pour une civilisation humaine et tolérante

Le beau est le reflet que nous livre l’âme de l’objet et de l’être que nous observons. La morale repose dans ce royaume de contradictions où le bien et le mal se battent pour la couronne. Le bien c’est cet acte visible ou invisible ancré dans nos choix, nos agissements et nos conduites. Le bien comme facteur de tout bonheur tient les piliers, les fondements de cette pyramide universelle qui structure nos sociétés. Le mal nous dévaste, nous détruit, nous fragilise et nous rend incapable de contempler la beauté de nos différences, de nos richesses et de notre monde. Il ouvre les portes de ce château bâti aux sommets des montagnes habités par des rancuniers, des manipulateurs, des dictateurs et des extrémistes.  Le mal domine les cœurs des hommes et des femmes charmés par le désir de la vie et la beauté lugubre de sa figure sombre et tentatrice. Le pouvoir et la domination sont des mots simples, fascinants et difficiles à cerner. Le pouvoir est un mirage. Un mirage fort puissant qui travestit les pensées des hommes. Il détourne l’homme de ses convictions. Instaure en lui un sentiment de supériorité. La domination est le produit de ce mirage. Elle battit des cimetières au plus profond de son être pour enterrer les âmes saines de ses détracteurs.

L’homme par sa grandeur se trompe dans son orgueil en voulant imiter l’œuvre de l’Invisible et du Caché. Au delà du mal, de l’autorité, du pouvoir et de la domination jaillit une force paradisiaque et angélique. Elle rassemble des hommes et des femmes. Elle constitue au delà de l’agressivité le souffle tantôt visible tantôt invisible qui nous retient. L’amour est un monde où oscille des âmes complices. L’amour est un bateau où les sentiments et les sensibilités remplacent le capitaine. L’amour est l’arche à partir du quel est accroché le trône de l’humanité. L’amour dessine nos chemins de vie, véhicule nos pensées et veille à ce que la différence et la diversité soient l’emblème de nos conduites et de nos aspirations les plus profondes. Nos conduites sont les manifestations de nos pensées, de nos amours, de notre orgueil…Nos conduites si sombres et apparentes qu’elles soient déterminent nos vraies identités et l’image que nous voulons donner a nos sociétés variées et diverses. Dans un monde où multiples convictions font surface et modifient le cours de l’histoire, l’homme reste étranger à son propre milieu et se méfie de ses semblables. Les convictions étrangères à nos manières de penser et de voir les choses créent en nous un mécanisme de peur et de rejet de l’autre. L’autre n’est rien d’autre que nous dans nos peurs, dans notre méfiance, dans nos défauts et dans nos qualités. La peur reste un sentiment émotionnel amplifié par des hommes qui manipulent nos émotions et nos sensibilités pour reprendre les mots de Machiavel. Nos émotions et nos sensibilités sont nos faiblesses les plus fortes. Manipuler les sensibilités et jouer sur les émotions changent les comportements et créent une nouvelle population d’hommes, de femmes et d’enfants innocents privés de goûter aux délicieux jus de ce monde.

Les formateurs d’esprits, les usurpateurs d’identités et les fauteurs de troubles sont parmi nous. Ils se faufilent dans nos sommeils, modifient nos rêves et nous montent les uns contre les autres. La vie est une école. Cette merveilleuse école remplie des professeurs doués, sourds, aveugles, rancuniers, manipulateurs, sensibles, vulgaires…construit le patrimoine universel que des milliards d’hommes et femmes de couleur différente, de conviction différente partagent sans se rendre compte. Les plus avertis ont choisi les doués comme enseignants, mentors et guides spirituels. D’autres, dans une profonde ignorance et instrumentation écoutent et vénèrent les sourds de la réalité, les manipulateurs des émotions, les rancuniers de la vie et les aveugles de la différence. Les plus puissants des professeurs de cette planète restent intouchables, manipulés par des hommes fortunés dont le but se réduit à rendre l’homme plus animal, plus dangereux et plus insensible qu’il ne l’est. Les extrémistes  et les dictateurs  constituent cette catégorie d’enseignants dont les méthodes sont brutales, choquantes et souvent orchestrées par une haine inimaginable de l’autre. Une haine justifiée par l’origine ethnique, la couleur de la peau et les positions idéologiques de l’autre. Cette horrible haine dictée par des hommes sans humanité traverse des océans et des montagnes pour retrouver des milliards d’humains dont les cerveaux sont devenus des logiciels et des disques durs.  La peur de la différence pousse les «humains» dans l’extrême et les dirigent vers un monde imaginaire intégré dans ces logiciels. Un monde où l’homme ne peut être que blanc, noir ou jaune. Un monde où l’homme ne peut être juif, musulman, bouddhiste, chrétien, agnostique, athée…Un monde où l’homme ne peut être qu’homme et non “mère” réciproquement. Un monde où l’homme ne peut rester que chez soi. Ce monde n’est peut être qu’imaginaire. Certaines personnes apprécient la vie parce que la mort rode. D’autres se vantent de la justice parce que l’injustice et la barbarie prennent place et recrutent de plus en plus de fidèles. Cette lutte permanente entre ce qu’on croit et ce qu’on ne croit pas dans l’univers de la différence et de la diversité constitue aujourd’hui le cœur de toutes les discussions. A l’Université, dans les transports en commun, dans nos foyers et d’une manière plus générale dans notre quotidien.

 

Ces discussions sont de plus en plus émouvantes, alarmantes et surtout mesquines. Elles alimentent des débats sur les plateaux de télévisions. Ces réalités, ces maux et ces préjugés affectent toutes les civilisations humaines. Construisent un monde. Un monde de questionnement. Un monde qui se replie sur lui même.  Ces questions nous traversent à la recherche du sens de la vie, du pourquoi de notre existence. Ces questions traversent des philosophies, des religions et des traditions. Elles nous ouvrent des portes et des fenêtres. Des cheminements vers l’autre, la différence, le vide,  la diversité, l’humanité. C’est la porte de la diversité et de la différence qui laisse entrer la tolérance. La méconnaissance de l’autre, de sa culture et de sa différence sont sources de nos questionnements, de nos angoisses et de nos peurs. Elles nous montrent une image floue de l’autre, de nous à travers l’autre et de l’autre à travers nous. C’est à travers ces perceptions, ces angoisses et ces peurs que l’homme voyage, rebrousse chemin, repart, se perd, se retrouve, croit se retrouver et se perd encore. C’est à travers elles que l’homme se retrouve avec soi, sa conscience et son impuissance face à sa haine et cette instrumentation devenue une norme et une manière de vivre.  Ces réalités et ces constats nous donnent des itinéraires. Des chemins pour lutter contre l’exploitation, la violence, la torture et les dictatures. C’est en apportant des réponses aux multiples questions qu’on se pose sur nous et sur l’autre que nous arriverons à fonder une civilisation tolérante et humaine. La Mauritanie occupe une place fondamentale dans ces lignes. Elle traverse des crises. Des crises culturelles, politiques et économiques. Elle a eu des braves, des extrémistes, des dictateurs, des manipulateurs qui ont façonnés et fait ses histoire.  Ses histoires multiples piétinées par des idéologies nauséabondes et désastreuses qui empêchent la naissance  d’une Mauritanie harmonieuse et mère de tous ses enfants.

Baba Gallé Kidé

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