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Lettre ouverte du président du mouvement de la jeunesse consciente mauritanienne adressée aux candidats

La Mauritanie se dirige vers une étape importante de son histoire politique et sociale : l’élection présidentielle du 22 Juin 2019. En prélude à  ce scrutin déterminant pour l’avenir du pays, une forte dynamique s’empare de toutes les composantes de la société tant civile que politique. Nous en Sommes Fort heureux.

Cela traduit la soif de démocratie du Peuple Mauritanien et constitue un témoignage fort de notre attachement à l’avenir du pays.

L’élection du 22 Juin 2019 se tiendra dans un contexte particulier, celui de l’instabilité  au plan politique, sociale et  économique  qui frappe de plein fouet le pays.

 

Chers Candidats à la magistrature suprême,

En concourant déjà à l’élection présidentielle, vous manifestez votre désir de servir vos concitoyens. Félicitations! A l’heure où certains sont tentés par la résignation, cette volonté d’œuvrer pour le bien commun est déjà une bonne nouvelle… Mais à condition que la campagne électorale qui viens de s’ouvrir ne viennent pas rajouter du désordre à la crise profonde qui fragilise notre pays.

Nous avons la conviction que la jeunesse et l’éducation devront être des thèmes prioritaires de cette campagne et nous reviendrons bientôt vers vous avec des propositions concrètes, issues d’expériences réussies et d’échanges avec des jeunes, des familles, des acteurs de terrain, des experts… Mais d’ores et déjà, nous voudrions vous faire une proposition forte ainsi qu’à l’ensemble du monde politique: soyez exemplaires pour les enfants et les jeunes qui vous regarderont et vous écouteront !

Oui, par vos comportements tout au long de la campagne électorale, vous pouvez agir en faveur de l’éducation! Et peut-être même de façon plus efficace qu’avec des lois ou des décrets… Vous serez sous le feu des projecteurs pendant plusieurs semaines, animés du souci légitime de faire triompher vos convictions. Et si vous profitiez de cette occasion pour offrir aux jeunes Mauritaniens une belle leçon de citoyenneté à grande échelle?

Et si, par votre respect de l’adversaire, votre honnêteté intellectuelle, votre refus de la démagogie ou des réflexes partisans, vous faisiez la démonstration que, dans une société civilisée, on peut débattre sans se battre?

Et si, par votre capacité à reconnaître vos torts ou vos erreurs, par votre manière de saluer les réussites ou les propositions pertinentes de vos concurrents, vous faisiez la démonstration que le débat politique n’est pas juste « un combat de clashs »?

Et si, par votre faculté à regarder le monde tel qu’il est, par votre courage de proposer un projet qui nous fait tous grandir en humanité et des réformes justes, sans promettre ce que vous savez intenable, vous contribuez à réconcilier les jeunes générations avec la politique ?

L’enseignement moral et civique a été rétabli à l’école et les éducateurs ont ce souci constant de la transmission. Mais la meilleure leçon du meilleur enseignant n’aura aucun impact si les personnalités publiques font, dans l’exercice de leurs fonctions, le contraire de ce que nous voulons transmettre aux jeunes. Tous les éducateurs vous le confirmeront: il y a des comportements publics qui ont des conséquences désastreuses dans les familles, les classes, les cours de récréation…

Si nos représentants sont incapables de débattre intelligemment, même sur les sujets sensibles, s’ils préfèrent l’invective à l’argumentation, comment voulons-nous que les jeunes se respectent et les respectent? Comment voulons-nous construire la paix si le débat public sombre dans l’hystérie permanente ?

Les journalistes ont aussi un rôle essentiel à jouer pour vous aider à élever le débat. Tout comme vos collaborateurs, les hommes et les femmes de l’ombre, les spécialistes du « off ». Chacun peut contribuer à éviter la spirale dégradante des petites phrases et du « buzz ». Et nous tous qui participerons, comme citoyens, à cette élection, gardons aussi ce souci éducatif, dans nos conversations, sur les réseaux sociaux et dans nos prises de position. Aidons les candidats à offrir aux jeunes générations un débat à la hauteur des urgences de notre temps.

Chers candidats, le crédit des responsables politiques est hélas si bas que cela devient dangereux pour la démocratie à laquelle nous aspirons. Nous avons pourtant la responsabilité de transmettre ce trésor fragile aux jeunes générations. Elles attendent beaucoup de vous. De votre dignité. De votre mesure. De votre sens du bien commun. Les jeunes Mauritaniens vous regardent plus que vous ne le croyez. Assumez votre responsabilité éducatrice. Ayez l’audace de l’exemplarité !

 

Abdoul Razakh Satigui Sy

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