l’Édito de RMI, La Mauritanie à Milan

Faire comme toutes les nations qui se respectent et répondre présent au rendez-vous du donner et du recevoir est louable. Mais l’opinion publique nationale n’a pas été informée en amont de la tenue de l’exposition internationale Milan 2015, et encore moins sensibilisée sur les profits de cet événement pour notre pays. Jusqu’ici, aucun débat public sur les entrées financières ni les retombées potentielles.IMG_2466

 

Tout ce que l’on sait, c’est que le traditionnel lobby du Ministère de la Culture a envoyé après sélection discriminante des exposants venus présenter la Mauritanie maure à Milan. Les artisans forgerons ont été exclus et ont tenu des sit-in pour le dénoncer. Qui a sélectionné qui, et sur quel critère? Comme à l’accoutumée, opacité totale de nos autorités. Comme il se fait partout ailleurs dans les expositions auquel prend part notre pays, chaque lobby envoie ses partenaires. En retour, exposants et personnel du ministère se partagent de juteux dividendes sans jamais améliorer l’image de leur pays. Et partout les chapiteaux mauritaniens se démarquent par un désordre et un tumulte hors pair.

 

Depuis quelques jours, Milan reçoit un parterre de nos ministres, venus assister à la présentation de la journée mauritanienne. Ces ministres ont donc voyagé en Italie avec leurs délégations, logés dans les meilleurs hôtels, sans autre motif que de profiter du tourisme. Excepté le Ministère de la culture, les autres ne sont là que pour leur propre business. Ou pour accompagner Mohamed Ould Abdel Aziz, plutôt que de se rendre utiles à Nouakchott.

 

Voilà un voyage qui amplifie encore la liste des dépenses superflues, et s’ajoute aux divers prétextes utilisés pour dilapider l’argent public. La promotion de la culture à l’étranger est chose utile, mais avant toute chose, il faut se dire que nous sommes encore pauvre culturellement en Mauritanie. Le racisme culturel nous divise. L’argent dépensé pour ‪#‎ExpoMilan pouvait servir à financer des bibliothèques ou à appuyer les projets des jeunes artistes qui profitent rarement des programmes du Ministère de la culture, de l’artisanat ou de la jeunesse. Ceux qui en tirent bénéfice sont connus : les fonctionnaires des ministères et leurs alliés. Il est grand temps de mettre un terme à la mafia bureaucratique.

 

Ba Sileye