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Le politiquement incorrect

En Mauritanie, on peut percevoir  la colère, la frustration de la population face à la lenteur de politiquement correct. Pendant ce temps, les citoyens mauritaniens sont dans un état d’angoisse qui se développe: inégalités, exclusion et discrimination. L’angoisse de la communautarisation politique dans les institutions, de la pression sociale et de la domination tribale. Et surtout, l’angoisse d’un Etat maure dominant.

Le printemps arrive et le temps est beau en Mauritanie. Très ensoleillé à Nouakchott et en ce mois de juin 2019, les élections présidentielles dominent l’actualité. Les citoyens se préparent à accomplir leurs devoirs civiques et à conquérir leurs droits. Chaque candidat  fait sa déclaration à sa manière. Pareillement, des phrases toutes faites et conférences de presse se multiplient à longueur de la journée. Pendant ce temps-là, les postulants à la présidentielle font une opération de séduction aux électeurs. Les discours, les programmes et modes d’actions politiques ne changent pas. Dans une certaine manière, les petites querelles politiques et la  quête de la vie démocratique poursuit son chemin. Évidemment, le système politique du pays doit changer. A priori, ce sont les politiciens qui ont une addiction à l’accumulation des pouvoirs politiques et économiques qui doivent changer. L’image fictive de la belle démocratie  et la situation actuelle  montrent à quel point le pays a besoin du changement. Car la Mauritanie est fragile sur le plan de la cohabitation, mais pas seulement…

Face au chômage des jeunes, Mohamed Ould Abdel Aziz choisit de compter les chiffres. Face aux inégalités, Mohamed Ould Abdel Aziz choisit de gérer la courbe. Face à l’intérêt général, il choisit l’intérêt personnel. Face à l’analphabétisme, Aziz compte le nombre d’échec scolaire des filles. Au point de vue économique, Aziz nous parle des chiffres de la banque BMCI.

Sur le plan de l’éducation des jeunes, l’ancien général nous affirme l’ouverture des écoles militaires. Sur les pratiques esclavagistes et les traitements discriminatoires, le président nous déclare la lutte contre les séquelles et les inégalités. Au niveau du vivre ensemble, le président  choisit  de diviser pour mieux régner. La liste de ces échecs est longue. Les fractures sociales restent profondes et sont à géométrie variable, quand bien même qu’il s’agisse des politiques communautaires et complaisants vis-à-vis des officiers de l’armée.

 

Le président se réfugie dans le déni et dans le « je-m’en-foutisme ». Sans oublier son dauphin Mohamed Ould Ghazouani qui montre sagement ses muscles à l’opposition. En réalité, le système instauré par l’actuel président continuera. Raisons pour lesquelles chaque candidat à la présidentielle résiste pour mettre fin à cette position politique partisane. D’autant plus que les dérives du régime sont très nombreuses. À l’heure de cette présidentielle, l’opposition mauritanienne doit proposer une autre  voix, de reconstruire  et corriger les dérives du régime. Si l’opposition ne veut pas être emportée à son tour dans la politique actuelle qui n’a pas fini de produire ses méfaits, elle doit être en mesure de proposer des programmes clairs qui répondront aux aspirations du peuple.

 

Des propositions

Des propositions majeures qui répondent aux préoccupations des citoyens mauritaniens, en particulier les jeunes. Les Mauritaniens ont besoins des politiques ambitieuses qui donnent sens à leur vie quotidienne. Il faut relancer de véritables politiques socio-économiques et la promotion de l’égalité. L’amélioration durable des conditions de vie des concitoyens : le pouvoir d’achat et le partage de la richesse. La représentation effective des communautés dans les institutions locales et nationales. Les Mauritaniens souhaitent que la question de la cohabitation soit réglée. C’est-à-dire, elle veut retrouver le chemin de la cohésion nationale et des projets alternatifs qui permettent  de contrecarrer les agissements particuliers primaires qui gangrènent le pays. Donc, cela dépendra de la volonté des politiques, les mesures mises en œuvre et les grandes forces vives mauritaniennes pour le changement  dans tous les domaines de la vie. Une telle prise de conscience collective peut exister pour retrouver le chemin de l’unité nationale, de la démocratie et de la justice sociale.

L’urgence est de promouvoir l’éducation, en particulier des jeunes et des filles. Faire en sorte pour que les institutions hospitalières soient en bonne état. Il est grand temps d’instaurer une couverture sociale pour tous les citoyens, notamment les personnes et les familles vulnérables pour qu’elles accèdent aux soins gratuits. L’Etat doit  répondre dans l’immédiat aux préoccupations de la population et des jeunes en particulier, en créant  des emplois durables dans plusieurs secteurs. Cela permettra de réduire les inégalités primaires en créant du lien. L’urgence est de créer la commission de la jeunesse qui veille sur la démocratie participative, qu’on pourra observer la tranche d’âge de la classe politique mauritanienne vieillissante qui apporte moins.

La logique voudrait que les candidats revendiquent des convictions politiques qui visent à servir le peuple. Il faut être habité par des vraies convictions  ancrées au service de l’intérêt général. Les candidats doivent incarner une force de proposition qui mettra fin aux politiques de demi-mesures qu’Aziz à instaurer depuis fort longtemps. Tout doit se faire dans le respect de la population. Etant donné, que le pouvoir appartient au peuple. Le bon sens voudrait que les quartiers sensibles de Nouakchott soient traités de la même manière que d’autres zones, au risque d’attiser les tensions sociales entre les communautés.

Les candidats à la présidentielle qui ont des programmes politiques, doivent redynamiser  les services  publics et redévelopper l’économie nationale. Et proposer en effet, des plans de développement durable pour sortir de la crise économique, politique et sociale. Une telle réalisation suscitera un véritable changement.

En outre, les Mauritaniens ont besoins  de retrouver le chemin de la cohabitation. Donc, de changer le paradigme de la division communautaire. Créé des Label : Label  juridique, label d’égalité, label de lutte contre la discrimination, plus globalement label des politiques publiques pour consolider l’unité tant recherchée. Le politiquement correct vaudrait qu’on redessine le pays  en un vrai arc-en-ciel qui garantira durablement la cohésion nationale.

Cette présente contribution est destinée aux candidats aux élections présidentielles mauritaniennes, car l’urgence frappe à nos portes.

Abdoulaye SY

abdoulayesy168@gmail.com

Lyon / Région Auvergne-Rhône-Alpes

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