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INTERVIEW EXCLUSIVE AVEC LA CONSULTANTE ET ENTREPRENEURE NAFI KANE

Nous vous présentons l’interview accordée par Madame Kane Nafi. Elle est la fondatrice de l’organisme incubateur Rendo Lab actif dans le développement multidimensionnel évoluant dans la diaspora. Un esprit libre, influenceuse et dynamique connaisseuse du milieu du réseautage, la jeune mauritanienne marque son monde avec efficacité.
Experte en Gestion de projet de développement local et entrepreneure basée à Rouen, l’originaire de Sagne Lobali dans le Gorgol, a accepté gentillement de répondre à nos questions. À suivre ci-après notre entretien :

Question 1 : Bonjour Madame Kane, merci d’avoir accepté notre entretien, présentez- vous à nos lecteurs ?

● NAFI KANE : Je m’appelle Kane Nafi , Je suis Entrepreneure -Consultante Experte en Gestion de projet de développement local. Je suis Mauritanienne de la Diaspora

Question 2 : Dans quel domaine particulier évoluez – vous comme entrepreneure ?

● NK : J’offre des prestations de service en conseils et en management de projets pour les associations, les entreprises et les particuliers. J’accompagne particulièrement les jeunes et les femmes en situation de rupture économique ou sociale qui aimeraient trouver ou retrouver leurs places dans la société.

Question 2 : De par votre expérience, quels sont vos constats et analyses sur les diasporas mauritaniennes en France dans leurs activités associatives et professionnelles ? Atouts et manquements à combler ?

NK : Je pense que la Diaspora mauritanienne est très compétente et diverses malheureusement très dispersée pas assez de Synergies. Nous pouvons être beaucoup plus productif si nous acceptons de briser certaines barrières culturelles. La Diaspora peut être une force et une richesse pour la mauritanie. Elle pourrait contribuer efficacement au développement de la Mauritanie, si le pays lui en donnait les moyens.

Question 4 : En experte, plusieurs associations de la diaspora s’inscrivent dans des projets de développement vers notre pays, quels sont vos conseils pour qu’il y ait plus d’efficience sur le terrain ?

● NK : À mon avis les associations de la diaspora mauritanienne doivent créer des synergies et mutualiser les efforts et les compétences pour être plus productives. Il est souvent difficile pour la diaspora mauritanienne d’entreprendre en mauritanie surtout si on est identifié par la majorité comme étant de l’opposition.
La diaspora est perçue pendant des années comme un soutien financier aux familles aux pays, mais au delà des transferts d’argents, leurs contributions pourraient avoir un impact non négligeable sur le développement en mauritanie, si l’Etat mauritanien les laisser entreprendre même étant de l’opposition. Il est souvent difficile pour la diaspora mauritanienne de participer au développement de la Mauritanie, des lors qu’elle est identifié de l’opposition. La Diaspora est souvent à tort considérée comme l’ennemi de l’Etat mauritanien. Les associations de la diaspora doivent identifier les projets et les idées à forts impacts sociaux comme l’éducation des jeunes et des femmes, la lutte pour l’attribution de l’état civil aux enfants démunis, la sensibilisation pour la scolarisation des enfants en situation de précarité, la lutte contre la pauvreté.

Question 5 : vous êtes la fondatrice d’un organisme incubateur Rendo Lab, pouvez vous nous en faire une succincte présentation ?

● NK : Rendo lab est une plateforme , collaborative , sociale et Solidaire de droit français. On œuvre en faveur du développement en France et dans l’Afrique de l’ouest. Elle a pour but d’accompagner et/ou de former des personnes notamment démunies, en situation de rupture (économique, professionnelle, sociale, familiale ou scolaire) qui souhaitent trouver ou retrouver leur place dans la société.
RENDO LAB est un incubateur de talent innovant, né de la volonté de jeunes de la Diaspora et de leurs partenaires internationaux de contribuer à l’effort de la construction nationale en Afrique et en Europe.

Question 6 : En tant que citoyenne mauritanienne sensible à la « chose publique » , quelles sont vos observations sur l’évolution politique et sociale en Mauritanie depuis une année avec l’arrivée du président Ghazouani en août 2019?

● NK : En toute objectivité , en tant que citoyenne mauritanienne par rapport à l’évolution politique la seule chose que je trouve positive est la facilitation du travail de la CEP.. Le régime actuel aurait pu user de son pouvoir pour et entraver le travail de la commission parlementaire. Au vu de la relation amicale qui existait ou existant entre l’actuel Président et l’ancien Président. On peut dire que c’est une première en Mauritanie. Même si j’estime que l’audit de la CEP aurait pu être élargie aux questions suivantes :

Le règlement de la question du passif humanitaire.

Absence de reconnaissance de certains partis politiques d’opposition comme le RAG et le FPC laissant ainsi aux mauritaniens le libre choix d’adhérer ou non. Un audit du meurtre de lamine mangane et de Abass Diallo.

Des nominations inquiétantes basées sur d’autres critères que sur les compétences.

Un système éducatif élitiste excluant une grande partie de la population mauritanienne. l’État n’empêche pas l’expropriation des terres de modestes villageois qui n’ont que ces terres pour pouvoir subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs proches.

Un audit des administrations publiques , etc.

Sur la situation sociale à ce jour, même s’il est encore tôt pour juger objectivement du bilan annuel du Président de la République. Aucune réforme du système éducatif, du système de santé, de la question du recensement, de la double nationalité pour les mauritaniens de la Diaspora. Aujourd’hui encore il est intolérable de voir des femmes perdre la vie en accouchant faute d’absence de soins . Aucune mesure alternative n’a été mise en place en cette période de pandémie pour permettre la continuité du service public surtout de la scolarité des enfants et des jeunes. Aucune compensation des professeurs et des enseignants dans le secteur privé qui vivent actuellement des situations difficiles et dans une très grande précarité.

Question 7 : Votre avis sur le camp des oppositions mauritaniennes actuellement , sont-elles porteuses d’un espoir d’alternative viable dans l’avenir ?

● NK : Les élections présidentielles de 2019 étaient l’occasion pour l’opposition mauritanienne de s’allier et de s’unir pour apporter un nouveau souffle. Mais l’opposition a raté le coche . Énormément de militants, de sympathisants, d’adhérents aux partis politiques ont peu d’espoirs à un changement et à une réelle alternative. L’opposition n’aborde peu ou pas les questions qui préoccupent les mauritaniens à savoir les questions concernant l’éducation, la santé, le passif humanitaire, la question des discriminations et de l’esclavage. L’opposition doit se renouveler, surtout la jeunesse mauritanienne doit apprendre à se faire confiance soit en adhérant aux partis politique et essaient d’y apporter des changements ou de créer des mouvements politiques de contre pouvoir permettant ainsi de participer pleinement aux dialogues politiques.

Question 8 : Dans le débat sociétal mauritanien , les problématiques liées à l’esclavage sont indexées, quelle est votre vision en la matière ?

● NK: Malgré l’existence d’une loi criminalisant l’esclavage en Mauritanie , il existe toujours des pratiques esclavagistes. L’État mauritanien doit prendre des mesures strictes vis à vis des personnes qui le pratiquent.
Il doit aller au delà de la condamnation, c’est à dire mettre en place des mesures de prises en charge des personnes issues de l’esclavage. Aujourd’hui de nombreuses personnes sont encore maltraitées dans nos maisons, elles travaillent dans des conditions difficiles et la plupart du temps sans aucune rémunération, c’est ni plus ni moins que de l’esclavagisme moderne.

Il y’a également le traitement des domestiques étrangers dans nos maisons. Ils ne sont pas protégés par le droit du travail. Pas de limitation de travail, ni de salaire fixe.
Aucune protection de l’État des travailleurs étrangers. L’Etat doit mettre en place des mécanismes de contrôle et punir plus sévèrement tous les individus qui s’y adonneraient.

S-J LE BLOG : Nous sommes à la fin de notre entretien, un grand merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. 

Fin

©️ Entretien réalisé par KS pour le BLOG

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