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Ghazwani -UPR : À pile ou face?

En Mauritanie, il est attendu que le Premier ministre, Ismael Ould Bedda Cheikh Sidiya présente, ce jeudi 05.09.19, son discours sur la politique générale du gouvernement, conformément aux articles 42, 74 et 75 de la Constitution.

Selon des sources médiatiques, le groupe parlementaire de la majorité de l’Union pour la République a tenu des réunions durant toute la journée du mercredi. Les députés se retrouveront, plus tard dans la soirée, lors d’un dîner en compagnie de quelques proches du Président Ghazwani afin de peaufiner les derniers réglages. Et notamment pour resserrer les rangs face aux incertitudes et parer aux éventuels mécontents.

La douche froide que vient de subir le Premier ministre britannique, Boris Johnson, doit être une leçon immédiatement assimilée par Ghazwani. La tradition démocratique n’est certes pas la même, mais, en politique, les règles sont presque identiques. Les acteurs poursuivent toujours leurs intérêts.

En cas de défiance de certains élus de la majorité, Ghazwani a devant lui un grand sentier de construction d’un parti, pour établir la confiance entre les prochains élus et lui, organiser des élections législatives, notamment quand on sait que les caisses de l’Etat sont à moitié vides.

Le Président de la République Mohamed Cheikh Ould Ghazwani a tout intérêt à établir un terrain d’entente avec les députés de la majorité et les ténors de l’UPR jusqu’au rodage politique de son équipe gouvernementale. Le cas échéant, il est impossible de savoir s’il résistera aux turbulences parlementaires. Particulièrement les nôtres qui mêlent civils et militaires. C’est une posture très délicate qui rappelle le fameux jeu « à pile ou face ».

Dans une déclaration médiatique, Mohamed Yahya Ould Kharchi, le président du groupe parlementaire de la majorité (UPR), a confié que « l’actuel président, Mohamed Cheikh Ould Ghazwani, s’en tient à sa majorité ». Il a également démenti l’existence de toute mésentente au sein de la majorité.

Plusieurs observateurs avaient fait état d’un éclatement imminent de la majorité présidentielle, suite au départ du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz. D’autres encore avaient évoqué le problème de cohabitation, pointant ainsi du doigt l’arrivée de nouveaux soutiens au sein de la majorité. Il n’est pas à exclure l’apparition des « contradictions » et des « positionnements » susceptibles de provoquer des divisions internes.

L’opposition ou l’arbitre entre les « majorités »

Le groupe parlementaire de Tawassoul ( Islamistes modérés NDLR), première force de l’opposition, s’est réuni ce matin à l’Assemblée nationale pour étudier sa position vis-à-vis du discours du Premier ministre attendu jeudi au Parlement.

Du côté de l’Union des Forces du Progrès (UFP), le parti a préféré organiser un colloque pour appeler à une sorte d’audition de la gouvernance du président sortant. Les élus et d’autres personnalités influentes du parti invitent les nouveaux décideurs du pays à réfléchir sur les conséquences de la gabegie sous le pouvoir d’Abdel Aziz.

Le communiqué du Rassemblement des Forces démocratiques (RFD), publié au début du mois, soutien principal de la candidature de Mohamed Ould Maouloud, avait abondé dans ce sens en appelant à mettre fin « à cette sombre page dans la gouvernance de la Mauritanie ».

Face à cette situation délicate pour le premier gouvernement sous l’ère de Ghazwani, l’opposition se positionne plutôt comme un arbitre dans un match qui oppose les « majorités ».

Mais la fixation que l’opposition traditionnelle affiche envers le régime d’Abdel Aziz ne lui fera-t-elle pas manquer de pointer les incohérences et les insuffisances de la politique gouvernementale?

La rédaction

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